Le ghosting professionnel : pourquoi une réponse vaut mieux que le silence | La vie du Cartooniste

Illustration humoristique sur le ghosting professionnel, avec une ambiance de disparition et de silence après une demande de réponse.

On parle souvent du ghosting dans les relations personnelles. Mais dans le travail, dans les demandes de devis, dans les échanges entre indépendants et clients, il a aussi sa petite carrière. Et franchement, il la mène beaucoup trop bien.

Le ghosting, mesdames, messieurs. On en parle ?

Oui, encore ce sujet-là. Parce que tout le monde le subit. Et, soyons honnêtes, tout le monde l'a déjà pratiqué aussi. Même toi, au fond, qui lis ces lignes avec un air très digne. On te voit.

Je ne parle pas du simple oubli. Ni de cette petite ignorance polie qui permet de disparaître doucement, comme si l'on reculait derrière un rideau en espérant que personne ne remarque les chaussures qui dépassent.

Non. Je parle du vrai ghosting. L'authentique. Le pur. Celui avec de gros morceaux d'indifférence dedans.

Quand la demande vient de l'autre

Le plus étrange, c'est souvent le point de départ. Ce n'est pas toi qui as forcé la porte. Ce n'est pas toi qui as envoyé une bouteille à la mer avec une facture à l'intérieur.

Quelqu'un vient vers toi. Il te demande un devis, un avis, une réponse, un service. Il a besoin d'une information, d'un prix, d'une disponibilité, d'un regard professionnel. Alors tu prends le temps. Tu réponds correctement. Tu réfléchis. Tu expliques. Parfois tu ajustes, tu reformules, tu relances avec élégance.

Et ensuite ?

Plus rien.

Ni oui. Ni non. Ni même un petit "je reviens vers vous" abandonné au bord de la route. Le néant absolu.

Le silence prend plus de place qu'une réponse

Ce qui fatigue, ce n'est pas le refus. Un refus, on peut le comprendre. Un budget qui ne passe pas, un projet repoussé, une priorité qui change, une envie qui s'évapore : tout cela fait partie de la vie. Personne n'est obligé de dire oui à tout, ni de transformer chaque échange en contrat.

Ce qui pèse, c'est l'absence totale de réponse. Cette petite zone grise où l'on ne sait plus si l'autre réfléchit, s'il a oublié, s'il n'ose pas répondre, ou s'il a simplement décidé que ton temps pouvait rester suspendu quelque part entre deux notifications.

Et puis, parfois, on recroise la personne.

"Désolé, j'ai oublié. Tu sais ce que c'est... le boulot, les enfants, la vie..."

Bien sûr que je sais. On sait tous. La vie déborde. Les journées se remplissent. Les messages s'empilent. Les urgences changent de costume toutes les trois heures.

Mais j'ai chronométré une réponse simple :

Bonjour, merci pour votre retour mais ce ne sera pas possible pour moi actuellement.

Dix secondes.

Et encore, je tape lentement.

Répondre, ce n'est pas se justifier

On confond parfois répondre avec devoir s'expliquer. Comme si dire non imposait de produire un dossier complet, trois annexes, une excuse valable et un mot signé par la vie elle-même.

Mais non. Une réponse peut être courte. Elle peut être maladroite. Elle peut être imparfaite. Elle peut même être un simple "non merci". Ce n'est pas forcément agréable à envoyer, mais c'est clair. Et la clarté, dans les relations professionnelles, c'est déjà une forme de respect.

Quand on travaille comme illustrateur, cartooniste, indépendant ou artisan de son propre bazar créatif, le temps passé à répondre compte aussi. Une demande n'est jamais totalement gratuite : elle mobilise de l'attention, de l'expérience, parfois une idée, parfois même un petit dessin pour expliquer les choses avec humour.

Tout le monde ne peut pas répondre par un dessin, évidemment. Mais tout le monde peut répondre par une phrase.

Le petit geste qui change tout

Il y a quelque chose de très simple à sauver là-dedans : le lien. Pas le grand lien solennel avec des violons et une charte relationnelle en PDF. Juste le lien minimum entre deux personnes qui se sont parlé.

Dire "non merci", c'est fermer une porte proprement. Dire "pas maintenant", c'est permettre à l'autre de ranger son attente. Dire "j'ai changé d'avis", c'est parfois inconfortable, mais c'est infiniment plus élégant que de disparaître en laissant quelqu'un deviner la fin de l'histoire.

Alors oui, c'est un petit sujet. Une histoire de message. Une affaire de dix secondes.

Mais ces dix secondes évitent beaucoup de frustration inutile.

Alors s'il vous plaît : répondez aux gens.

Même simplement.

Même rapidement.

Même par un petit "non merci".

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